Compostage

De quoi parle t-on ?

Le compostage est une technique simple qui transforme, par fermentation aérobie (en présence d’oxygène) des matières premières organiques souvent hétérogènes en un produit fini plus homogène, un compost. Résultant de la décomposition biologique et de la stabilisation de substrats organiques, le compost est un amendement organique riche en composés humiques qui va entretenir ou augmenter le stock de matière organique stable du sol. Le compost contient des éléments nutritifs plus contrôlables par l’agriculteur (en particulier l’azote sous forme organique).

Variante du compostage classique, le co-compostage désigne le compostage en mélange de matières organiques d’origine agricole (effluents d’élevage) et de résidus végétaux extérieurs. Cette pratique associe plusieurs acteurs (agriculteurs, collectivités, structures techniques) dans un partenariat construit.

L’intérêt du co-compostage est de permettre une meilleure gestion des effluents d’élevage sur le territoire de l’exploitation grâce à l’apport d’éléments végétaux structurants dans les fumiers et lisiers et le traitement des déchets verts, les collectivités locales ayant à faire face à des volumes croissants et parfois difficiles à évacuer. Le co-compostage offre ainsi une solution durable (proximité et débouchés assurés sur les exploitations) à bénéfice réciproque et d’intérêt général.

Procédé de fabrication

Le procédé de compostage se déroule en plusieurs phases :

  • une phase de mélange entre les effluents d’élevage et un agent structurant riche en carbone (paille, broyat de déchets verts, résidus de cultures,…). Le fumier pailleux constitué en tas ou en andain doit avoir un rapport C/N supérieur à 20 et une teneur en matière sèche comprise entre 40% et 60% (apport d’eau ou de lisier pour arroser le mélange) ;
  • une phase initiale dite mésophile (20 à 35°C) où les champignons et les bactéries présentes dégradent les composés simples;
  • une phase dite thermophile (50 à 65°C) de quelques semaines (1,5 mois environ) qui aboutit à l’hygiénisation de la matière organique par une montée en température. Cette phase permet de détruire les graines adventices et maladies;
  • une phase dite de refroidissement (40 à 50°C) due à un manque de matières à dégrader, d’oxygène ou d’eau. Lors du processus de compostage, deux retournements minimum sont nécessaires pour aérer le tas de compost;
  • une phase dite de maturation (20 à 35°C) de quelques mois au cours de laquelle les matières organiques humifiées vont être formées.

Essais de compostage d’effluents d’élevage

Sept procédés de compostage agricole ont été suivis par la Chambre d’agriculture (MVAD) et ont fait l’objet d’une synthèse en 1999. Les producteurs de compost (en majorité des éleveurs) étaient fortement motivés à poursuivre cette expérience.

Ces composts étaient fabriqués à partir de :

  • Fumier de volaille et lisier de porc (Salazie) ;
  • Fumier de volaille et lisier de porc (trois Bassins) ;
  • Déchets verts et fumier de bovin (Le Port)
  • Lombri-compostage (Le Tampon) ;
  • Fumier de volaille, papier et lisier de porc (Saint-Pierre) ;
  • Fumier de volaille, copeaux de bois et lisier de porc (Saint-Joseph) ;
  • Ordures ménagères (Le Port)

De manière générale, le compostage à partir de fumier de volaille ou de copeaux de bois a donné de bons résultats en milieu tropical. Dans la plupart des cas, l’effluent utilisé était le lisier de porc. En 1999, le coût de fonctionnement des plate-formes incluant le retournement de l’andain par tracteur avec godet revenait à :

  • 11,43 à 12,96 € / m3 de lisier traité
  • 16,01 à 17,53 € / m3 de lisier traité lorsque le support carboné était acheté.

Ces expériences de compostage agricole ont permis de dégager des recommandations suite à certaines difficultés rencontrées lors de la production de compost :

  • la pluie a perturbé le fonctionnement de certaines plate-formes. Il serait donc nécessaire de couvrir les stations de compostage par une bâche dans les régions moyennement pluvieuses et par une toiture dans celles qui le sont plus ;
  • le matériel utilisé n’étant pas toujours adapté au procédé de compostage, la qualité du compost produit a été variable. Les structures collectives de compostage pourraient donc présenter une solution pour les éleveurs de la Réunion.

Vous trouverez, dans d’autres rubriques, des informations sur le gisement et l’actualité relatifs aux composts agricoles et aux composts urbains

Pour en savoir plus

Retrouvez un ensemble de fiches techniques sur des composts produits à La Réunion (caractéristiques agronomiques, modalités d’usage, etc.). Ces fiches ont été réalisées dans le cadre de la rédaction du guide de la fertilisation organique à La Réunion.

Dans le cadre du projet GABiR (Gestion Agricole des Biomasses sur l’île de la Réunion) et de l’atelier sur le compostage qui s’est tenu en septembre 2020, un petit guide sur le compostage à la ferme a été rédigé avec la contribution de Stéphane Guillouais, chef de projet Environnement à la Chambre d’agriculture de la Drôme. Ce guide, rédigé pour les agriculteurs, concentre des informations techniques et réglementaires pour la mise en place d’un procédé de compostage, au champ ou sur une plate-forme bétonnée, au sein d’une exploitation agricole.

Un porté à connaissance sur le (co)compostage à la ferme fait un état des lieux sur la réglementation applicable pour mettre en place une plate-forme de compostage. Il précise les règles d’implantation des installations de compostage ainsi que les conditions d’épandage pour les diverses situations rencontrées dans le contexte agricole réunionnais. Il rappelle également des modalités de suivi d’un compost au cours du processus de fabrication. Enfin, il informe des dernières évolutions réglementaires spécifiques à l’agriculture biologique.

Retrouvez également l’épisode de « Terres d’Ici » réalisée par la FRCA sur l’atelier dédié au compostage à la ferme qui s’est déroulé en septembre 2020 lors du séminaire final du projet GABiR.

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