La Mission de valorisation agricole des déchets (MVAD de la Réunion) a mené, de 1997 à 2005, des essais de fertilisation au champ, chez des agriculteurs de l’île.
Leur objectif consistait à comparer les effets agronomiques d’une matière organique à ceux d’un engrais minéral, sur une culture et un sol donné.
Ce type de comparaison permet de formuler des recommandations à l’attention des agriculteurs. En effet, les conseils de fertilisation sont indispensables pour arriver à un raisonnement de la fertilisation des cultures (choix de la matière organique, calcul des doses à apporter en fonction de la culture et du sol, ...).
Un des effet positif attendu était la diminution des risques de pollution de l’environnement, liés aux pratiques d’épandage des matières organiques.
Les dernières expérimentations au champ ont été les suivantes :
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Fertilisation de parcelles cultivées en canne à sucre : boue d’épuration
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Boue de station d’épuration urbaine et engrais : essai comparatif de fertilisation sur une culture de canne à sucre, avril 2006, 48 p. + synthèse de 4p.
Commune de Saint-Pierre
La production de boue provenant du traitement des eaux usées est en constante augmentation à La Réunion. Dans le cas d’une valorisation agricole de ces boues d’épuration urbaines, se pose le problème du respect de la législation nationale sur l’épandage des boues. En effet, cette dernière ne permet pas l’épandage de boues sur des sols qui sont très acides et très riches en éléments traces métalliques (ETM), ce qui est le cas des sols réunionnais.
L’objectif de cette étude était donc d’évaluer l’impact de l’épandage de boues d’épuration sur un sol cultivé en canne à sucre (en s’intéressant à l’évolution des caractéristiques agronomiques du sol, des rendements et de la richesse en sucre de la canne, et des teneurs en ETM du sol et de la canne). Une étude comparant les coûts liés à l’épandage des boues à ceux liés à une fertilisation traditionnelle (apport d’engrais chimique) a également été réalisée.
Pour atteindre ces objectifs, un dispositif expérimental au champ a été retenu. L’expérimentation, d’une durée de deux ans, a consisté en un suivi de quatre parcelles cultivées en canne à sucre sur lesquelles les effets d’une boue et d’un engrais sont comparés.
Aucun impact défavorable n’a été observé sur les caractéristiques agronomiques et les teneurs en ETM du sol après deux épandages de boue d’épuration. Les rendements et la richesse de la canne sont équivalents pour les traitements boue et engrais ; néanmoins, l’apport d’un complément potassique est nécessaire car les boues en sont dépourvues. Les concentrations en ETM de la canne à sucre (que ce soit dans le jus, les feuilles ou la bagasse) sont très faibles quelque soit le traitement fertilisant. Enfin, l’étude comparative des coûts a révélé que l’épandage de boue sur un sol cultivé revient plus cher à l’agriculteur qu’une fertilisation traditionnelle. Afin de diminuer ces coûts et donc de rendre intéressant cet épandage pour l’agriculteur, une répartition des charges relatives à l’épandage et à l’analyse des sols est à trouver entre le producteur de boue et celui-ci.
Ces résultats obtenus après deux années de suivi au champ ont permis uniquement d’observer les effets à court terme de l’utilisation des boues d’épuration urbaine sur un sol cultivé en canne à sucre.
A partir de cet essai au champ, deux rapports sur les ETM ont également été édités :
- Eléments Traces Métalliques : Spéciation des ETM dans un sol amendé avec des boues d’épuration, (Mvad - Cirad) E. Doelsch, mars 2006, 25 p.
- Eléments traces métalliques : Impact de l’épandage d’une boue d’épuration sur la mobilité et la spéciation des ETM d’un andosol (Mvad - Cirad), E. Doelsch, F. Feder, A. Findeling, Y. Duval. mars 2005, 103 p.
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Fertilisation de parcelles cultivées en canne à sucre : lisier de bovin
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Lisier de bovin et engrais : essai comparatif de fertilisation sur une culture de canne à sucre, avril 2006, 28 p. hors annexes. + synthèse de 4p.
Commune de Saint-Joseph
À La Réunion, la production d’effluents accompagnant les activités agricoles est en augmentation. L’agriculture, notamment la canne à sucre qui est la culture principale à La Réunion, est de plus en plus sollicitée pour recycler et valoriser ces déchets organiques.
L’objectif de cet essai était de comparer, sur un sol cultivé en canne à sucre, la valeur agronomique d’un lisier de bovin par rapport à un engrais chimique. Nous nous sommes ainsi intéressé (en comparant les deux traitements fertilisants) à l’évolution des rendements et de la richesse de la canne ainsi qu’à l’évolution de la qualité agronomique des sols.
Pour atteindre les objectifs fixés, nous avons retenu une approche expérimentale au champ menée sur trois sites : deux à Saint-Joseph (sur un andosol) et un au Tampon (sur un sol brun andique). L’expérimentation, d’une durée de 3 ans, a consisté, pour chaque site, en un suivi de quatre parcelles cultivées en canne à sucre sur lesquelles les effets d’un lisier et d’un engrais étaient comparés.
Pour les trois sites, les rendements des parcelles fertilisées avec du lisier sont inférieurs de 5 à 20 % à ceux des parcelles fertilisées avec un engrais. Par contre, la richesse en sucre des cannes des parcelles lisier est équivalente à celle des parcelles engrais ; ceci a été constaté sur les trois sites. Les caractéristiques agronomiques du sol des parcelles lisier et engrais ne présentent pas de différence significative quelque soit le site. Enfin, au bout de 3 ans, nous avons constaté une légère augmentation du pH du sol uniquement sur les parcelles fertilisées avec du lisier.
Ces résultats obtenus après trois années de suivi au champ ont permis uniquement d’observer les effets à court terme de l’utilisation d’un lisier de bovin sur un sol cultivé en canne à sucre. Ces premiers résultats doivent donc être confirmés par d’autres études menées sur des durées plus importantes. Nous serons ainsi en mesure d’évaluer les effets (économiques, agronomiques, et environnementaux) d’apports réguliers de lisiers sur un sol cultivé.
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Fertilisation de parcelles cultivées en maraîchage
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- Fumier de bovin, fiente de poule séchée et engrais : essai comparatif de fertilisation d’une culture de laitue (années 2003 et 2004), 36 p. + synthèse de 4 p.
Commune de Saint-Denis
- Eléments traces métalliques - Evaluation de la biodisponibilité des ETM vis-à-vis de différents organes végétaux (racine, feuille, fruit) par des essais de cultures maraîchères. CIRAD-MVAD, E. Doelsch, p. 44.
Commune de Trois-Bassins, essai en parcelles expérimentales
La richesse des sols réunionnais en éléments traces métalliques (ETM) qui sont des éléments potentiellement toxiques impose de prêter attention aux risques de transfert de ces éléments vers la chaîne alimentaire. C’est pourquoi, un essai de cultures maraîchères, végétaux fortement accumulateurs en ETM, a été conduit aux Colimaçons (station CIRAD).
Cet essai a permis de montrer que la laitue est l’espèce qui absorbe les quantités les plus importantes en ETM. Même si les teneurs que nous avons mesurées pour la laitue sont supérieures à celles publiées dans la littérature scientifique, les concentrations en Cd et Pb sont très nettement inférieures aux concentrations maximales réglementaires quelque soit l’espèce considérée (chou, carotte, haricot, tomate ou laitue). Grâce au calcul de l’indice de bioaccumulation, nous avons pu montrer que l’accumulation des ETM dans les végétaux n’est pas comparable mais suit l’ordre suivant : Cd>Zn>Cu>Ni.
Les concentrations en ETM des organes que nous consommons sont toujours inférieures aux autres organes, à l’exception des laitues. Suite à ce premier cycle cultural, nous n’avons pas pu mettre en évidence d’influence du mode de fertilisation (compost de lisier de porc, compost de fiente de volaille ou engrais chimique) sur les teneurs en ETM des végétaux récoltés.
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Fertilisation de parcelles cultivées en caféiers
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Lisier de bovin et engrais : essai comparatif de fertilisation sur une culture de caféiers, avril 2006, 33 p. + synthèse de 4p.
À La Réunion, la production d’effluents accompagnant les activités agricoles est en augmentation et l’agriculture est de plus en plus sollicitée pour recycler et valoriser ces déchets organiques. Aussi, l’agriculture de La Réunion cherche des productions de diversification. Parmi elles, une production à forte valeur ajoutée, comme celle d’un café gourmet, pourrait améliorer le revenu des agriculteurs. C’est ce que cherche à démontrer le programme d’expérimentation préalable à la création d’une filière café bourbon pointu.
L’objectif de cet essai est de pouvoir rapidement donner des conseils de fertilisation organique aux caféiculteurs.
Pour cela, nous avons retenu une approche expérimentale au champ. L’expérimentation, qui a duré deux ans, a consisté en un suivi d’une culture de jeunes caféiers sur laquelle différents types de fertilisants sont apportés (lisier de bovin et engrais). La croissance des caféiers a été déterminée à partir des mesures de hauteur et de diamètre de la tige principale des caféiers. L’essai s’est déroulé sur un andosol des hauts de l’ouest, à Trois-Bassins.
Aucune différence significative de croissance n’a été constatée entre les caféiers fertilisés avec le lisier et ceux fertilisés avec un engrais. L’apport de lisier sur l’andosol cultivé des Trois-Bassins n’a pas entraîné de variation significative des teneurs en éléments nutritifs du sol. D’une façon générale, l’épandage de lisier bovin n’entraîne pas d’effet néfaste sur les propriétés physico-chimiques de ce sol.
Le suivi de ces deux premières années a permis de constater l’innocuité des lisiers lorsqu’ils sont utilisés comme fertilisants sur un sol cultivé. Nous n’avons pas eu la possibilité d’étudier l’impact des différents types de fertilisants sur les rendements des caféiers puisqu’il faut au moins deux ans et demi pour avoir une première récolte de fruits. Il aurait donc été intéressant de poursuivre l’expérimentation jusque après la deuxième récolte significative des caféiers pour pouvoir conseiller les planteurs de caféiers quant à l’utilisation de matières organiques.
Les rapports de ces expérimentations sont publics et disponibles à la MVAD.
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